ATTENTION : CHANGEMENT IMPORTANT: Nicolas Monseu ne pourra malheureusement pas, pour des raisons de santé, présenter le cycle initialement prévu (Cycle 2 : La pratique de l'écoute). Il sera remplacé par Clément Bertot, un jeune philosophe spécialiste de Nietzsche qu'il nous a vivement recommandé. Consultez les pages programme et Orateurs pour en savoir plus...
SAISON 7 ( septembre 2017 - mars 2018)
(cliquez sur chacun des cycles pour plus d'informations)
Cycle 1 : Approche philosophique du deuil (Jean-Michel Longneaux)

Approche philosophique du deuil

Jean-Michel Longneaux

A l’origine de toutes les philosophies qui nous reconduisent à l’essentiel, il y a toujours une épreuve, et si possible, une épreuve communément partagée par le plus grand nombre, une épreuve qui, loin d’être anecdotique ou liée aux circonstances hasardeuses de la vie, touche à l’humaine condition à laquelle personne n’échappe. Le deuil est cette expérience privilégiée. Que nous enseigne cette expérience sur ce que nous sommes en vérité, quand les masques sont tombés et que la vie semble nous avoir tout pris ? Que reste-t-il alors de nous ? Cycle 1: le matin de 10h00 à 11h20
26 septembre De quoi fait-on le deuil? On explique le plus souvent un deuil par un objet, une personne, un projet dont on serait soudain privé. Rien n’est moins faux.
10 octobre Quelle place pour les émotions ? Le deuil soulève de nombreuses questions éthiques en tant qu’il est un processus au cours duquel on peut se mettre en danger.
24 octobre *
Le deuil ne se vit jamais seul Le deuil doit être ritualisé ou, si l’on préfère socialisé. Or, de nombreux observateurs croient constater qu’en Occident, les rites ont disparu. Est-ce exact ?
14 novembre
Le deuil révèle notre finitude Le deuil bouleverse notre rapport le plus intime à nous-mêmes en nous confrontant à nos propres limites.
28 novembre
Le deuil révèle notre solitude Le deuil bouleverse nos rapports aux autres : il nous apprend que les autres ne nous ont jamais appartenu.
12 décembre Le deuil révèle notre incertitude Le deuil bouleverse notre rapport à la vie : elle peut tout nous reprendre à chaque instant.
*: changement exceptionnel d'horaire le mardi 24 octobre 2017: la conférence sera donnée de 9h30 à 10h50  
Cycle 2 : Nietzsche, philosophe législateur (Clément Bertot)

Nietzsche, philosophe législateur

Clément Bertot

Nietzsche, pour dire ce qu’est ou serait un philosophe authentique, a multiplié les images : tantôt médecin, tantôt artiste, tantôt savant, tantôt découvreur d’idéal, celui-ci doit en tout cas synthétiser plusieurs possibilités de vie habituellement séparées. Si aucune de ces images ne se suffit à elle-même, celle du législateur a pourtant fait l’objet d’une importance particulière dans les textes de Nietzsche. Par cette figure, Nietzsche poursuit un objectif : voir l’humanité en grand, afin d’édicter les lois d’un monde qui doit être humain à l’époque du nihilisme. Pour ce faire, il inscrit sa démarche dans la postérité de grands législateurs historiques, tels que Moïse, Zoroastre, Platon, Mahomet, ou Napoléon, afin d’ouvrir une perspective plus radicale, celle du philosophe de l’avenir qui doit œuvrer au renversement des valeurs. Cycle 2 : le matin de 11h40 à 13h00
26 septembre Légiférer : une tâche pour la philosophie ? Dans La philosophie à l’époque tragique des grecs, Nietzsche tient que « la philosophie commence par légiférer sur la grandeur ». Via un retour aux présocratiques, il présente sa démarche comme une législation sur la connaissance, et il dresse le portrait de ce que devraient être les « plus hauts modèles humains ».
10 octobre Médecin ou législateur ? Le philosophe et ses modèles Pour caractériser l’activité du philosophe, Nietzsche utilise principalement deux images concurrentes : le médecin et le législateur. En première apparence, ces deux références sont contradictoires : la médecine vise la santé, tandis que l’activité législatrice renvoie au droit. Et pourtant, il veut par là unifier ces deux aspects, en sorte de trouver des normes à la fois vitales et morales.
24 octobre * Nietzsche et les grands législateurs historiques Au fil de son œuvre, Nietzsche s’intéresse à quelques grandes figures historiques de législateur. Mais qu’y a-t-il de commun entre Moïse, Thalès, Platon, et Napoléon ? A chaque fois, il s’agit d’un « type » de législateur avec une spécificité qu’il faut interroger : tantôt fondateur de religion, tantôt savant, tantôt philosophe-roi, ou conquérant politique. Mais comment penser son unité ? Pour Nietzsche, c’est la culture qui permet d’unifier ces aspects et de trouver une forme de continuité historique.
14 novembre Zarathoustra législateur Ainsi parlait Zarathoustra occupe une place particulière. Si le Zoroastre historique est présenté comme l’inventeur du dualisme moral qui sépare le bien et le mal, le Zarathoustra de Nietzsche se présente comme un législateur : « Je suis un législateur, j’écris du nouveau sur mes tables ». Il faut donc se demander pourquoi Nietzsche a convoqué un tel porte-parole pour effectuer son travail de législation.
28 novembre Nietzsche législateur et la « grande politique » On présente souvent la pensée de Nietzsche comme une réflexion antipolitique voire apolitique. Pourtant, il élabore un projet de « grande politique » pour redéfinir l’activité du législateur comme une action sur la civilisation, étrangement conçue via l’analogie de l’élevage. Les réformes sociales ou religieuses s’avèrent insuffisantes pour penser une action transformatrice qui veut que « la physiologie soit la reine de toutes les autres questions ».
12 décembre L’ « artiste-législateur » et la question de l’avenir À partir de Par-delà bien et mal jusqu’aux dernières œuvres de 1888, la figure du philosophe législateur est mise en relation avec la question de l’avenir. Nietzsche oppose alors systématiquement deux figures : les « ouvriers scientifiques de la philosophie » et les « philosophes véritables » présentés comme des hommes qui commandent et qui légifèrent. Les premiers se contentent d’enregistrer les valeurs du passé, tandis que les seconds s’emparent de l’avenir pour donner forme à l’homme en artistes.
*: l'horaire de la conférence du 24 octobre 2017 sera exceptionnellement modifiée: la conférence aura lieu de 11h10 à 12h30
Cycle 3 : La phénoménologie: une méthode pour penser le monde d'aujourd'hui (Sacha Carlson)

La phénoménologie: une méthodologie pour penser le monde d'aujourd'hui

Sacha Carlson

Edmund Husserl (1859-1938), mathématicien devenu philosophe, a inauguré une nouvelle manière de pratiquer la philosophie, qu’il nomme la phénoménologie. Son mot d’ordre : retourner aux choses elles-mêmes ! Il se proposait plus précisément de décrire et d’analyser l’expérience humaine selon ses différents registres, à partir d’une méthode entièrement nouvelle : la réduction phénoménologique. Ce faisant, il cherchait non seulement à éclaircir la structure du vivre humain, mais il entendait aussi retrouver les sources de la vitalité du sens, dans un contexte de crise généralisé qui était déjà le sien. Ce cycle de conférences propose une introduction à la pratique de la phénoménologie. On partira de l’analyse de quelques régions majeures de l’expérience humaine, telles que la perception, la connaissance (scientifique), la vie sociale et politique, l’émotion esthétique... Les auteurs et outils propres à la tradition phénoménologique seront alors convoqués, mais en contexte, dans le cadre d’analyses concrètes, qui nous permettront aussi de vérifier que cette méthode offre des outils pertinents pour penser le monde d’aujourd’hui. Cycle 3 : le matin de 10h00 à 11h20
3 octobre « Retourner aux choses elles-mêmes » (Husserl). La réalité et le monde que nous percevons. Introduction aux principes méthodologiques de la phénoménologie en compagnie de Husserl et de Merleau-Ponty. (Réduction phénoménologique, intentionnalité…)
17 octobre Des animaux et des hommes: qu’est-ce qui caractérise en propre l’expérience humaine ? Quelle conception de l’humanité et de l’humanisme peut-on en tirer ? Comment comprendre le rapport de l’homme à son milieu (à la nature, au règne animal…) ? (existence, conscience, temporalité, nature, animalité, culture…)
7 novembre La science nous permet-elle de penser ? Peut-on dire, comme Heidegger, que la science ne pense pas ? Il s’agira en tout cas de clarifier ce que la démarche proprement scientifique peut effectivement connaître, tout en déterminant ses limites, c’est-à-dire en situant le champ de l’expérience qu’elle laisse en friche, et qu’il convient de penser par d’autres moyens. (Husserl, Heidegger, Ladrière)
21 novembre Le visage de l’autre et l’expérience éthique Les enjeux de la rencontre d’autrui comme d’un alter ego. Que peut-on tirer de la structure de cette expérience pour la morale et le droit ? (Husserl, Sartre, Levinas)
5 décembre Vivre ensemble : l’expérience de la ville Comment penser la coexistence humaine, qui se structure toujours à la fois à travers l’espace, le temps et l’affectivité ? L’analyse traversera la question du corps, de l’habitat et de la ville, pour rejoindre certaines questions contemporaines relatives à l’architecture et à l’urbanisme.
19 décembre Le phénomène politique Qu’est-ce qui caractérise la dimension politique comme telle ? S’agit-il par exemple du pouvoir, de la morale, de la violence, de la loi, de la liberté, de l’État, etc. ? Peut-on dire qu’il s’agit d’une dimension constitutive de l’expérience humaine, malgré l’étonnante variété des sociétés humaines à travers l’histoire ? (Arendt, Lefort, Richir).
 
Cycle 4 : L'art contemporain ou la "fureur des émotions" (Olivier Duquenne)

L'art contemporain ou la "fureur des émotions"

Olivier Duquenne

Une émotion est avant tout un trouble. Une agitation passagère causée par un sentiment intense. L’art actuel se trouve souvent au centre des débats les plus passionnés. Pourtant, s’il est bien un outil qui nous permet une vie plus épanouie c’est l’art de notre temps. Il ne faudrait pas imaginer l’art sous l’angle exclusif d’un « grand calme intérieur », il est aussi une « déchirure » capable paradoxalement de résoudre tous nos dilemmes. Les émotions contradictoires provoquées par l’art d’aujourd’hui n’ont d’autre ambition que de compenser toutes les fragilités qui relèvent autant du domaine de l’esprit que celui du corps. L’art est un merveilleux outil thérapeutique capable de nous stimuler tout en nous permettant d’accéder à une meilleure vision de nous-mêmes. Pour découvrir son utilité et mieux comprendre la « fureur émotionnelle » qui l’entoure, il faudrait peut-être s’interroger sur nos besoins spirituels et émotionnels. Quelles sont ces failles humaines que l’art contemporain peut aider à combler ? Cycle 4 : le matin de 11h40 à 13h00
3 octobre Le bonheur dans la création contemporaine La question fondamentale du bonheur n’a pas déserté l’art actuel, que du contraire ! Les faux débats sur sa supposée vacuité nous font oublier l’essentiel. Nombre d’artistes continuent d’œuvrer à cet objectif fondamental : nous faire ressentir plus intensément notre vie. Hier comme aujourd’hui, l’art demeure « catharsis ».
17 octobre Douleur et résilience Et si l’art nous invitait à un dialogue plus authentique avec notre tristesse ? L’art actuel donne de la « grandeur » à la douleur. Ainsi, il l’universalise et lui confère une place centrale à contrario d’un monde futile qui ne la « souffre » pas. La résilience peut enfin commencer…
7 novembre Eloge de la chair En se vouant à la chair, l’art libère autant le corps que l’esprit. L’art contemporain est un rempart face à tous les extrémismes. Que l’art « rivé » au corps parle de jouissances ou de contraintes, il est avant tout un acte de résistance. Mais exhiber la nudité, c’est aussi dévoiler la beauté du doute.
21 novembre Puissance de l’humour Les artistes contemporains rient très souvent avec sérieux. Surtout lorsque la plaisanterie rajoute de la gravité au propos. Le rire est un incroyable mécanisme de défense contre la pulsion de mort. Ainsi le burlesque et la tragédie connaissent des frontières poreuses.
5 décembre
Pourquoi le scandale ? Est scandaleux, ce qui indigne l’opinion publique, ce qui est estimé contraire aux usages. Mais n’y a-t-il pas une expérience salvatrice du scandale ? L’art et la morale ont divorcé depuis longtemps. Après tout, l’art occidental n’est-t-il pas qu’une longue histoire d’indignation(s).
19 décembre
Et demain ? Nul ne peut prophétiser sans risque de quoi sera fait l’art de demain. Mais qu’il soit numérique, de toile ou d’argile sa principale fonction ne changera jamais. Des peintures rupestres aux logiciels informatiques, l’art n’est pas qu’une belle chose qui se donne à voir. Il prête aussi à penser pour mieux vivre.
 
Cycle 5 : Vivre, philosopher, guérir (Jean Leclercq)

Vivre, philosopher, guérir

 Jean Leclercq

Comment vivre « sa » vie dans ce monde dont des penseurs affirment qu’il est « mauvais » ? Dans ce monde désenchanté, dont la démocratie agonise sous les coups des néo-oligarchies ? Comment sur-vivre dans cette « histoire de la violence » ? Y aurait-il des façons de vivre selon la raison philosophique, avec des arguments qui, pour autant qu’ils soient rationnels, donneraient de s’orienter dans la vie, selon des styles à chaque fois différents ? Peut-on échapper aux colis explosifs laissés par les monothéismes, avec pour détonateur les métaphysiques de l’un, du mâle, de l’invisible ou encore de l’éternel. Six leçons autour d’un banquet de douze concepts, entre théories et pratiques, en sorte que chacun estime comment être non un disciple mais un apprenti, dans cette vie et pas une autre, avec la philosophie « comme » thérapeutique et non pas une dogmatique. Cycle 5 : le matin de 10h00 à 11h20
9 janvier Naître et renaître La philosophie eut pour cordon ombilical le « Memento mori ». Aurait-elle choisi la mort contre la vie ? Qu’est-ce que naître ? Un événement biologique ou l’œuvre d’une humaine condition à toujours remettre sur le « métier de vivre » ?
23 janvier Souffrir et panser Il y a le silence des organes, et puis leurs borborygmes. Il y a la douleur, la souffrance, et voilà que tous nos rapports sont troublés. Pour-quoi ? Jusqu’à quand ? Est-ce que la souffrance est un destin, le dolorisme une aliénation ou la résilience un pis-aller ?
06 février Désirer et jouir Désirer. Du latin « de-siderare » : ne plus voir l’astre. Faut-il s’obstiner à désirer dans cette absence ou à tenter de jouir ? Comment vivre dans cet écartèlement du manque et de la plénitude ? Comment jouir sans s’entraver d’« orientations » ?
20 février Angoisser et Délirer Angoisse. Du latin « angustia », le lieu étroit. Délire. Du latin « delirium », sortir du sillon. Comment vivre dans l’exigu ? Se-sentir-mortel et endurer la finitude, voilà qui pose des limites et oblige à la contrainte du réel ou du moins à sa conscience.
06 mars Sur-vivre et résister Si la finitude est notre marque, si l’éternité fait défaut : sur-vivons ! Pour ne pas devenir les déserteurs de ce « monde » ou nous croire immortels : résistons dans l’authenticité de ce privilège de se savoir et se savourer fini.
20 mars Être moribond et (se) donner la mort Je disparaîtrai : la mort sera ma mort. Vivre et mourir sont des structures fondamentales de l’existence sans au-delà, sinon celui de mon œuvre qui exige que je sois autonome, hors tout paternalisme de la compassion, avec ce droit de se démettre, d’en finir…
 
Cycle 6 : Penser avec Roland Barthes (Benoît Peeters)

Penser avec Roland Barthes

Benoît Peeters

Si Roland Barthes (1915-1980) est l’une des figures majeures de la scène intellectuelle française de l’après-guerre, sa trajectoire fut des plus singulières. « Pupille de la nation », il passa près de dix ans en sanatorium, avant de mener une carrière dans les marges de l’université, puis de devenir professeur Collège de France. Créateur de la « nouvelle critique », acteur essentiel du structuralisme et de la sémiologie, Barthes n’a jamais cessé de se réinventer. Dans ses derniers livres (Roland Barthes par Roland Barthes, Fragments d’un discours amoureux, La Chambre claire), il remet la subjectivité et l’affectivité au premier plan, s’affirmant comme un écrivain à part entière. Quels sont aujourd’hui les enjeux de son œuvre ? En quoi peut-elle nous aider à penser et à vivre ? Cycle 6 : le matin de 11h40 à 13h00
9 janvier Mythologies : décaper le regard Paru en 1957, Mythologies proposait une analyse critique et ludique de nombreux objets de la culture de masse : le catch, le steak-frites, la DS, le Tour de France. D’où vient l’acuité du regard de Barthes ? 60 ans plus tard, son approche a-t-elle encore une pertinence ?
23 janvier Vertige de la littérature Du Degré zéro de l’écriture (1953) au dernier séminaire sur La Préparation du roman, en passant par S/Z et Le Plaisir du texte, la littérature joue un rôle central dans l’œuvre de Barthes. Si les outils de compréhension se modifient, la fascination ne cesse de grandir.
06 février Un sujet incertain Barthes s’est fréquemment décrit comme « un sujet incertain » ou « impur ». Alors que l’on proclamait autour de lui « la mort de l’auteur », il a réinventé le genre de l’autoportrait dans Roland Barthes par Roland Barthes.
20 février Figures de l’amour Absence, Angoisse, Attente, Catastrophe, Déclaration, Insupportable, Jalousie, Langueur, Mutisme, Ravissement : voici quelques-unes des figures finement analysées dans Fragments d’un discours amoureux.
06 mars Sapientia : suspendre le sens Dans ses séminaires tardifs du Collège de France (Le Neutre, Commment vivre ensemble), Barthes esquisse une nouvelle façon d’être au monde : « nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible ».
20 mars La lumière du deuil La mort de sa mère, le 25 octobre 1977, fut un drame dont Barthes ne parvint jamais à se remettre. Mais son dernier livre publié, La Chambre claire, et le Journal de deuil posthume posent sur la mort un regard inoubliable.
 
Cycle 7 : Souviens-toi... La mémoire: du mythe à la philosophie et aux sciences, un parcours pluriel (Marc Crommelinck)
 

Souviens-toi... La mémoire: du mythe à la philosophie et aux sciences, un parcours pluriel

Marc Crommelinck

“Mon beau navire, ô ma mémoire…”, ainsi le poète chante la destinée humaine qui se tend de “la belle aube” – lumière naissante de tous les espoirs – au “triste soir” d’une vie qui s’en va. La mémoire, comme un beau navire, trace contre vents et marées son cap. Fière et noble embarcation du “moi”, mais tout à la fois, frêle esquif à la dérive et prompt à sombrer dans le trou noir de l’oubli. Car c’est bien du Temps humain, tel qu’il se construit mystérieusement entre passé et avenir, que nous avons affaire ici dans cet impératif du souvenir. Comment rendre compte de l’histoire de ces instants de présence au monde et à soi-même qui s’agrègent lentement pour donner forme et assurance à la permanence de notre identité, à la fois individuelle et collective ? Différents chemins s’offrent à nous : ceux de la philosophie et de l’anthropologie assurément mais aussi ceux des sciences contemporaines. C’est à ce voyage pluriel que nous vous convions. Cycle 7 : le matin de 10h00 à 11h20
16 janvier La Mémoire et la Grèce antique : du mythe à la raison Des poètes jusqu’aux philosophes, les représentations mythologiques de la mémoire sont progressivement transposées dans les formes abstraites d’une pensée laïcisée.
30 janvier Conscience du Temps et Mémoire La problématique de la conscience du temps, présente chez Aristote, va être reprise à partir de Saint Augustin jusqu’aux phénoménologues (E. Husserl notamment).
13 février Mémoire et Récit P. Ricœur a théorisé les liens de structure qui existent entre la conscience du temps et le récit de soi. Une occasion d’évoquer S. Zweig et M. Proust.
27 février Lieux et devoirs de mémoire Très tôt, la mémoire collective s’est érigée à la faveur de lieux de mémoire. Les devoirs de mémoire apparaissent comme autant de rituels capables, en ces lieux, de souder l’identité collective.
13 mars Mémoire et neurosciences cognitives Les avancées des neurosciences cognitives ont permis la mise en évidence des mécanismes nerveux de la mémoire humaine.
27 mars Y a-t-il péril en la Mémoire ? La mémoire est vulnérable. Les maladies de la mémoire inquiètent aujourd’hui la population vieillissante. La mutation numérique tend à démobiliser les fonctions mnésiques.
   
Cycle 8 : Kant l'incontournable (Frank Pierobon)

Kant l'incontournable

Frank Pierobon

Le destin philosophique d’Emmanuel Kant (1724-1804) résonne en sympathie avec celui de la Modernité naissante et des Lumières scientifiques, politiques et artistiques. Annonçant l’avenir par une puissance de pensée que l’on n’a pas fini aujourd’hui de mesurer tout en restant à bien des égards porteur d’anciennes valeurs et de manières de pensée dont on a perdu aujourd’hui le souvenir et l’évidence propres, Kant ne cesse de donner à penser. Se positionnant comme chercheur scientifique, rigoureux et éclairé, il a recours à une méthodologie propre, l’architectonique, qui lui permet de mobiliser des formes inouïes de pensée tout en se gardant de leur propre pouvoir de fascination. Il a renouvelé la pensée philosophique dans tous les domaines : épistémologique, éthique, politique et esthétique. Cycle 8 : le matin de 11h40 à 13h00
16 janvier Kant et les Lumières Kant est tout d’abord un scientifique à une époque où la science se métamorphose et se renouvelle de fond en comble : l’essor irrésistible de la modernité disqualifie petit à petit les anciennes croyances religieuses et politiques sans véritable substitut.
30 janvier Qu’est-ce que la « Critique » ? La singularité kantienne est la méthodologie architectonique : « Critiquer », c’est se rendre sensible aux rapports entre les idées par-delà l’imagination que celles-ci surexcitent autour d’illusions tenaces.
13 février Une idée neuve : la liberté La liberté kantienne est affaire individuelle, ce en quoi elle tranche avec les paradigmes plus anciens, qui obéissaient au politique et/ou au religieux. Loin de toute sensiblerie et de toute psychologie, c’est en agissant que la raison devient elle-même.
27 février Le beau et le sublime, ainsi que le vivant Kant est le véritable pionnier de la pensée esthétique, celle-là même qui fleurit au sein de l’Idéalisme allemand, tout au long du XIXème siècle jusqu’à Ernst Cassirer et par-delà avec la phénoménologie allemande et française. Il réinvente le concept du beau, lui adjoint celui du sublime et refonde en passant la téléologie pour fournir à la toute neuve science du vivant ses garde-fous méthodologiques.
13 mars Les héritiers ingrats du Kantisme, de Fichte à Heidegger La philosophie d’Emmanuel Kant n’est pas exempte d’apories et de difficultés de cohérence, notamment dans le domaine de la métaphysique et de la politique. Toutefois, l’extraordinaire floraison de variations, reprises, refontes, redites auxquelles sa philosophie a donné cours doit davantage à son exceptionnelle rigueur de construction qu’à l’une ou l’autre limitation rapidement repérées. C’est que Kant incite à penser.
27 mars Peut-on être kantien aujourd'hui? Les mutations paradigmatiques dans les manières de pensée ainsi que la professionnalisation croissante de la philosophie ont positionné Kant et sa philosophie sur l’autel d’un culte du prétendu génie héroïque de la pensée. Pourtant, malgré les épais sédiments des producteurs industriels de pensée scolaire, prête à l’emploi, sa pensée, à même le texte, résiste et recrute, générations après générations, des esprits qui veulent se former à la pensée. On ne peut se passer de Kant, mais peut-être qu’il est impossible de s’y installer définitivement.
 

Programmes des saisons précédentes

Saison 1 (2011 - 2012)
Pascal Chabot : "Pourquoi la philosophie?" "L'impalpable énigme du temps" Michel Dupuis: "Le souci et la joie" Olivier Duquenne: "L'art actuel: le merveilleux et le simulacre" Guy Haarscher: "Le retour du religieux: enrichissement ou menace pour nos libertés?" Justine Lacroix: "Qu'est-ce qu'une société vraiment libérale?" François Ost: "Le récit, à l'origine et à l'horizon des sociétés" Laurent Van Eynde: "La conquête de l'image cinématographique ou...une philosophie du western"
Saison 2 (2012 - 2013)
Laurence Bouquiaux: "Qu'est-ce donc que la science?" Pascal Chabot: "Penser les métamorphoses contemporaines" Michel Dupuis: "Comment exister? Pensées chinoises et européennes en dialogue" Guy Haarscher: "La philosophie peut-elle aider à mieux vivre?" Mark Hunyadi: "Penser la morale à partir de quelques mots d'aujourd'hui" François Ost: "La bénédiction de Babel" Frank Pierobon: "Une brève histoire philosophique du regard" Alain van der Hofstadt: "Invention et formes du paysage"
Saison 3 (2013 - 2014)
Marie-Aude Baronian: "Penser la mode ou l'envers de l'éphémère" Laurence Bouquiaux: "Paradoxes et surprises philosophico-scientifiques" Pascal Chabot: "Portraits philosophiques" Michel Dupuis: "La bioéthique: questions et enjeux philosophiques" Odile Gilon: "Ordre et désordre. La dynamique des choses et ses résonances." Guy Haarscher: "Philosophie du progrès: ses désillusions, notre avenir." Sébastien Laoureux: "Le quotidien et l'événement. Continuité et discontinuité dans l'expérience humaine." Frank Pierobon: "La musique au défi de la vie...(et vice-versa)"
Saison 4 (2014 - 2015)
François De Smet Noeuds contemporains. Olivier du Roy & Marc Crommelinck De l'empathie à la morale. Dialogue entre un expert en neurosciences et un philosophe. Michel Dupuis Six poètes pour penser Odile Gilon Mélancolie ou délices et voyages de l'amertume. Guy Haarscher Les droits de l'homme et la démocratie sont-ils compatibles? Sophie Klimis La justice mise en scène(s): Par delà l'opposition entre le réel et l'imaginaire. Nicolas Monseu L'expérience du silence. Frank Pierobon Penser le mal, avec Kant et Arendt
Saison 5 (2015 - 2016)
Sébastien Laoureux Penser avec Spinoza Nicolas Monseu & Jean Loubry Vivre et créer. Le "Prologue" d'Ainsi parlait Zarathoustra Odile Gilon L'attention François De Smet Le Monstre - Ethique et esthétique Pascal Chabot L'intelligence et la peur Fleur Courtois "Mouvoir et revoir la pensée" - La mise en scène de la pensée en danse et en cinéma. Marc Crommelinck Philosophie et neurosciences en dialogue Frank Pierobon Mimèsis, mentir-vrai et faux-semblants.
Saison 6 (2016 - 2017)
Jean-Michel Longneaux

La liberté: une illusion?

Marc de Haan Le théâtre de la vérité Jean Leclercq Déconstruction de la religion et exaltation de la citoyenneté Olivier Duquenne Les Métamorphoses et l'art d'aujourd'hui: Ovide dans la création contemporaine Marie-Geneviève Pinsart Engager le futur dans nos actions présentes Lambros Couloubaritsis Violences et souffrances humaines Pascal Chabot et Laurent de Sutter Quelques contemporains pour penser l'époque Sébastien Laoureux Penser avec Michel Foucault