Le programme de la prochaine saison (saison 8 !) est disponible sous l'onglet "programme" !
SAISON 8 ( septembre 2018 - avril 2019)

(cliquez sur chacun des cycles pour plus d’informations)

Cycle 1 : Philosophie de la religion (Baudouin Decharneux)

Philosophie de la religion

Baudouin Decharneux

Les rapports entre philosophie et religion ont une longue histoire qui remonte aux origines même de la philosophie. La différence entre ces deux disciplines réside toutefois en ce que la philosophie peut déployer un discours raisonné sur la religion, ce que la religion ne saurait faire. L’une englobe en se racontant ; l’autre se dit en englobant. L’une tend vers la vérité ; l’autre soutient sa vérité.

Nous étudierons comment la philosophie s’efforça d’englober la religion, s’appuyant tantôt sur les outils de la raison et de la science, tantôt sur le redressement des pensées mythiques. S’efforçant l’une et l’autre d’expliquer les relations unissant le visible et l’invisible, raison et science furent, selon les penseurs et les époques, des concurrentes ou des alliées, des ennemies implacables ou des amies fascinées. 

A l’intersection entre le visible et l’invisible, il s’agira de montrer comment le concept de religion fut, dès sa première définition latine, directement associé à la philosophie.

Cycle 1: le matin de 10h00 à 11h20

25 septembre Comment définir le concept de religion ?
Contrairement à une opinion répandue, nous soutenons que la religion n’est pas universelle en soi et qu’il s’agit d’un concept qui apparaît au sein d’une tradition donnée au confluent des pensées grecque, romaine et chrétienne aux premiers siècles après J.-C.
9 octobre Qu’est-ce qu’un mythe ?
Discours oral et/ou écrit décrivant et expliquant une partie de l’intersection unissant le visible et l’invisible, le mythe relève d’une forme de logique. Il s’agit ici d’examiner comment ce type de discours structurant donne à penser à la philosophie.
23 octobre
Qu’est-ce qu’un symbole ?
Le symbole (to symbolon) tout d’abord signe de reconnaissance est peu à peu compris comme un trait d’union entre le monde des dieux et celui des hommes. Rassemblant par définition des fragments épars, il apparaît chez les philosophes tantôt comme une « trace » de « réalités invisibles », tantôt comme un outil permettant d’unir des pensées que rien ne semblait unir de prime abord.
13 novembre
Religions entre théories et orthopraxies
L’idée de religion est tantôt inutilisée pour universaliser des croyances diverses (démonstration théologique), tantôt pour unifier et expliquer des pratiques diverses, parfois assez énigmatiques, pour leur donner sens. Nous examinons les difficultés philosophiques afférentes à deux définitions aussi antinomiques du religieux.
27 novembre
Les preuves de l’existence de Dieu: un objet de pensée impossible ?
Avec la fin de la philosophie moderne, les tentatives de démontrer l’existence de Dieu prennent fin. C’est sans doute Kant qui sonne le glas d’une telle prétention que la raison ne saurait assumer (antinomies de la raison). Mais est-il bien question de preuves quand Aristote, Maïmonide, Anselme, Thomas d’Aquin ou encore Descartes, pour ne citer que ces philosophes de premier plan, s’efforcent de penser Dieu de façon cohérente?
11 décembre Les avatars philosophiques d’Exode 3,14: « Je suis celui qui est » et autres affirmations ontologiques péremptoires.
C’est dans la Septante, traduction alexandrine de la Bible de l’hébreu en grec, que la réponse de la divinité du buisson ardent à Moïse prend une acception ontologique. Peut-on légitimement tirer une telle affirmation du texte biblique? En quoi cette lecture a-t-elle modifié la façon de penser au sein des monothéismes? L’inclinaison de la philosophie contemporaine pour les déclinaisons ontologiques ne devrait-elle pas être nuancée ou enrichie, notamment en introduisant une dialectique entre l’Être et l’Un?

 

 

Cycle 2 : Les compétences rhétoriques et l'exercice de la citoyenneté (Emmanuelle Danblon)

Les compétences rhétoriques

et l’exercice de la citoyenneté

Emmanuelle Danblon

La rhétorique naît en Sicile au Ve Siècle avant notre ère. Le contexte est à la fois politique et épistémologique. Dès le départ, surgit une controverse sur son identité. Elle n’est ni une science ni une philosophie. Qu’est-elle ? Elle se présente le plus souvent comme une technique à usage du citoyen pour se défendre par la parole publique. Controversée, elle apparaît très tôt comme une tromperie et est assimilée à l’art de la manipulation. Pourtant, il y a derrière le projet rhétorique un projet humaniste qu’il est urgent de comprendre sous l’angle de nos démocraties avancées et multiculturelles. Cette discipline a pour ambition de développer nos capacités naturelles à emporter l’adhésion par l’acquisition d’un ensemble d’outils qui forment une technique : celle d’exercer la citoyenneté. Elle forge le regard critique et prémunit contre notre tendance naturelle au dogmatisme. Elle immunise contre les dangers que constituent le radicalisme et le conspirationnisme. Elle développe la confiance en soi, en Autrui et dans le monde. Enfin, elle fait de la liberté une occasion plutôt qu’une crainte.

 

Cycle 2 : le matin de 11h40 à 13h00

25 septembre 2018 La naissance de la rhétorique et ses enjeux. Une controverse toujours d’actualité
Simultanément politique et épistémologique, elle confronte le citoyen à ce que peut et ne peut pas la parole publique dans l’éducation des citoyens. Elle pose la question de la compétence démocratique.
9 octobre 2018 La Rhétorique d’Aristote et la première théorie des rapports entre les discours et les institutions.
Comment se défendre et accuser, prendre des décisions et assurer le vivre ensemble.
23 octobre 2018 La Nouvelle Rhétorique de Perelman et le retour à Aristote à l’ère des droits de l’homme.

L’auditoire universel et l’antidote contre la propagande.

13 novembre 2018 Les outils rhétoriques au chevet de nos démocraties avancées.

Comment renouer avec l’esprit de l’utopie ? Comment proposer une alternative crédible contre le conspirationnisme ?

27 novembre 2018 Les exercices de rhétorique.

Comment réinventer des outils critiques adaptés au monde contemporain ? Comment développer la compétence démocratique et les performances langagières ?

11 décembre 2018 Main dans la main avec la neurophysiologie
La rhétorique comme développement de la capacité citoyenne à changer de point de vue. Un exercice de l’empathie et de la créativité.

 

 

Cycle 3 : Le suspens du sujet (Gertrudis Van de Vijver)

Le suspens du sujet

Gertrudis Van de Vijver

Tant que tout nous semble évident, point n’est besoin de s’interroger. Tout change pour autant que l’évidence se dérègle et se détraque : c’est alors que le sujet surgit comme question. Descartes fut le premier qui, à l’avènement de la science moderne, joua à fracasser l’évidence du monde des objets pour faire apparaître le cogito comme sujet résiduel, imperméable au doute. Plus près de nous, Lacan met au jour le « ménage psychique » du système cartésien: en fait, le sujet pense et parle avec ses objets, il est dans ses objets, ou encore, il est appelé à exister par les objets dans lesquels il est toujours déjà pris. S’il est à chercher, c’est à travers les achoppements, les hésitations, les frayeurs avec ses objets.

Serait-ce donc l’objet qui mène la danse, et le sujet qui encaisse, résiste, pulsionne et vibre dans ses aléas ? Je vous propose d’en suivre les méandres avec  Descartes, Kant et Husserl et puis avec Freud et Lacan.

Cycle 3 : le matin de 10h00 à 11h20

2 octobre Le sujet à la poursuite de l’objet : le moment cartésien

On croit volontiers que c’est le cogito qui tient les rênes du monde. Husserl nous détrompe : ce n’est que la supposition requise pour expliquer ce qu’on connaît toujours déjà dudit monde. C’est ce motif, transcendantal, qui ouvre véritablement l’horizon de la modernité avec ses principales figures de crise : objectivisme et subjectivisme.

16 octobre La colombe légère de Kant

Cessons de voler toujours plus haut, nous dit Kant, en pensant que la résistance de l’air nous entrave, alors que c’est elle qui rend possible le vol. La contrainte est la possibilité. C’est à l’intérieur de nos moyens et nos capacités que se prépare et s’articule l’espace ou objet et sujet peuvent advenir.

6 novembre « L’homme pense avec son objet » (Lacan)

Le corps s’avère pris radicalement dans les objets de langage (signifiants). Pour montrer avec Lacan que l’homme pense avec ses objets, rien de tel que le fort-da freudien, qui illustre comment le langage nous découpe selon une logique où le principe de plaisir ouvre sur son au-delà, nous faisant éternellement revenir sur nos pas.

20 novembre Actualités (neuro)psychanalytiques (avec Ariane Bazan)

Un objet (signifiant) est une structure motrice articulée, affinée, pointue, qui vise à saisir un bout de monde phénoménal qui a surpris et qui a fait obstacle (la Chose, pour Freud). Dans la mesure où le monde ne répond pas à nos anticipations, qu’il y a un manque à agir de notre part, il sera représenté, et il appelle le sujet à l’ordre.

4 décembre « Pas d’objet sans la dimension de la satisfaction » (Lacan)

Kant, en pensant le vivant dans sa troisième Critique, convoque le plaisir et le déplaisir et met en lumière les limites d’objectivation et de représentabilité du vivant. De Kant à Lacan s’élabore l’idée qu’il n’y a pas d’objet (pas de représentation, pas de signifiant) sans la dimension de plaisir et de satisfaction.

18 décembre « Le but de la vie est la mort » (S. Freud) avec Ariane Bazan

Selon Freud, le sujet humain se fait attendre entre la voie de la moindre tension (le plaisir, la mort), et la répétition acharnée. Là, il est appelé par Lacan à « ne pas céder sur son désir ». Nous articulerons les conséquences pratiques d’une logique du « manque à agir » à travers l’exemple de l’euthanasie.

 

Cycle 4 : Marx est-il vraiment mort ? (Guy Haarscher)

Marx est-il vraiment mort ?

Guy Haarscher

Jusque dans les années 1970, Marx constituait en quelque sorte le détour obligé pour tout philosophe politique digne de ce nom. Qu’on l’aime ou qu’on le dénonce, il était incontournable. Puis, avec la dégradation de l’idée communiste « dans les têtes » (années 1980) et l’implosion de l’URSS au début des années 1990, Marx a disparu des radars.

Il semble faire retour aujourd’hui dans un contexte de capitalisme mondialisé qu’avait déjà anticipé le Manifeste communiste de 1848. Les inégalités s’accroissent, et la question se pose : Marx aurait-il eu raison, au moins sur certains points cruciaux ?

Loin de cet effet de mode, qui peut aussi être lié au désarroi intellectuel contemporain, il faut revenir à Marx, le comprendre dans son époque (passionnante), puis seulement par la suite envisager la question de sa « survie » aujourd’hui, c’est-à-dire de la pertinence de certaines de ses analyses pour les problèmes du début du XXIe siècle.

Cycle 4 : le matin de 11h40 à 13h00

2 octobre Petite biographie intellectuelle de Karl Marx

C’est une vie peu banale que celle de ce fils de Juif converti, promis à une carrière juridique, se passionnant pour la philosophie puis la dénonçant (« les philosophes n’on fait qu’interpréter le monde, il s’agit de le transformer ») au profit d’une analyse économique du capitalisme, d’une théorie de l’histoire et d’un appel à l’action révolutionnaire.

16 octobre La Question juive, la Critique de la philosophie du droit de Hegel et les Manuscrits de 1844

Le jeune Marx, philosophe, a fait l’objet de toutes les sollicitations. Etait-ce à lui qu’il fallait se référer pour retrouver la source authentique de sa pensée et rompre avec l’idéologie ossifiée qu’était devenue le marxisme ? Ou bien – thèse d’Althusser, célébrissime à la fin des années 1960 – l’œuvre de jeunesse devait-elle être abandonnée comme un brouillon ? On se souvient peu aujourd’hui de la richesse de cette œuvre philosophique de jeunesse.

6 novembre De l’Idéologie allemande au Manifeste communiste

En 1845-1846, Marx rompt avec son (bref) passé philosophique. Puis il s’engage avec son ami Friedrich Engels dans un combat qui aboutit au Manifeste communiste de 1848. « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre… » Marx et Engels y exposent déjà une théorie de l’histoire, une conception de l’action politique, anticipant le capitalislme mondialisé que nous connaissons aujourd’hui.

20 novembre Le capital
Ici, nous entrons dans le « dur » de la théorie. Il nous faudra expliquer le succès extraordinaire, durant un bon siècle, de sa théorie de l’exploitation et de la plus-value, ainsi que son anticipation d’une « crise finale » du capitalisme. Surtout, l’analyse marxienne du capitalisme appartient au contexte plus large de la théorie globale de l’évolution de sociétés appelée « matérialisme historique ». Quelle est sa signification?
4 décembre

Marx à l’époque du marxisme triomphant et déclinant

Durant les trois premiers quarts du XXe siècle, les marxismes de toutes natures occupent les champs intellectuel, économique et politique. Comment expliquer cet immense succès d’une pensée du XIXe siècle, par ailleurs très complexe ? Et comment comprendre la chute brutale du marxisme à partir des années 1970, d’abord dans les têtes puis dans la réalité politique (chute du mur de Berlin, implosion de l’URSS, conversion de la Chine au capitalisme nationaliste, etc.) ?

18 décembre

Marx penseur du XXIe siècle ?

Après l’euphorie des année 1990 et l’espoir d’un nouvel ordre mondial, l’ « air du temps » en cette deuxième décennie du XXIe siècle est plutôt à la morosité. On nous répète que les inégalités croissent, et le que le capitalisme mondialisé se trouve comme jamais en positon dominante. Marx aurait-il malgré tout eu raison ? Serait-il possible de revivifier la vertu critique du marxisme pour éclairer la situation contemporaine, ou s’agit-il là d’une nouvelle illusion ?

 

Cycle 5 : Le bonheur, une affaire sérieuse (Jean-Michel Longneaux)

Le bonheur, une affaire sérieuse

 Jean-Michel Longneaux

Depuis ses origines, la philosophie entretient un lien essentiel avec le bonheur. Pourtant, aujourd’hui, une certaine gêne semble s’imposer. Tout se passe comme si la philosophie qui s’est élevée… et perdue ?… dans le firmament des abstractions ne prétendait plus s’abaisser à de telles préoccupations. Elle préfère les abandonner aux charlatans de toute sorte, qu’elle ne se prive pas de critiquer. Mais la critique est facile. Qu’a-t-elle à nous proposer pour tendre vers un vrai bonheur ? Se poser la question, c’est retourner aux sources de la démarche philosophique.

 

Cycle 5 : le matin de 10h00 à 11h20

8 janvier Le bonheur galvaudé
Les sciences, l’économie et même la justice se sont emparé de la question du bonheur, pour en faire une caricature qui ne laisse que désespoir.
22 janvier Le bonheur ici-bas rendu impossible
Dans le monde occidental, de grands penseurs chrétiens ont réduit à l’état de péché le bonheur en cette vie, sous prétexte qu’il détournerait du vrai bonheur en Dieu, après la mort.
05 février Le bonheur n’existe pas
Pour Schopenhauer, chef de file des penseurs pessimistes, l’« art d’être heureux » consiste à comprendre une fois pour toute qu’il n’y de bonheur ni ici-bas, ni dans l’au-delà.
19 février Le bonheur envers et contre tout : première voie
Et si le bonheur n’était rien d’autre que l’expérience des plaisirs. Ou, pour être plus exact : un art des plaisirs ?…, ce qui suppose une certaine discipline. C’est la voie épicurienne.
12 mars Le bonheur malgré tout : seconde voie
Et si le bonheur consistait à vivre dans l’harmonie : harmonie avec soi, avec les autres et avec le monde ? C’est la voie platonicienne et stoïcienne.
26 mars Le bonheur malgré tout : troisième voie
Et si le bonheur tenait dans l’effort d’accomplir un bel ouvrage, dans l’action accomplie avec perfection et justesse ? C’est la voie aristotélicienne.

 

Cycle 6 : Penser l'indignation (Laurent de Sutter)


Penser l’indignation

Laurent de Sutter

Il y a quelques années, un petit pamphlet au titre à l’impératif, « Indignez-vous ! », dû à Stéphane Hessel, avait connu un fulgurant succès. Sa publication avait accompagné la montée en puissance de mouvements sociaux de plus en plus radicaux, tous mettant en scène combien l’état présent du monde les indignait. Cette indignation, toutefois, n’était pas que celle d’une jeunesse plus ou moins excitée – ou d’une vieillesse qui rêvait de renouer avec elle. En réalité, l’indignation est devenue notre mode de fonctionnement le plus banal : nous sommes tous, et sans arrêt, indignés – par le comportement d’un homme politique ou par celui des grandes entreprises, par les actions de notre voisin ou les propos de tel invité d’émission de télévision. Tout, partout et tout le temps, nous indigne. Que dit cette omniprésence de l’indignation sur notre présent ? Que dit-elle, surtout, sur la manière dont nous y pensons ? C’est à ces questions que ce cycle tentera de répondre.

Cycle 6 : le matin de 11h40 à 13h00

8 janvier L’impératif d’indignation

Indignez-vous, qu’ils disaient – à l’impératif. Étrange paradoxe d’une injonction à la libération, d’un ordre à se rebeller. Et si, bien plus qu’un appel à une vie autre, il ne s’agissait que d’un retour à l’ordre ?

22 janvier À croyants, croyants et demi

L’indignation consiste le plus souvent à crier au scandale. Mais sait-on vraiment ce qu’est un scandale ? Et si ce n’était qu’une nouvelle manière de renouer avec la foi qu’on croyait enterrer ?

05 février La bêtise d’avoir raison

L’indignation anime les réseaux sociaux comme les dîners en ville. Elle est indissociable de l’exercice de discussion et de sa rationalité. Et si, au contraire, elle témoignait de toute sa bêtise ?

19 février Eteignez les Lumières !

L’indignation se présente sous la forme d’un exercice de lucidité. Cet exercice a une histoire, remontant aux Lumières. Et si la forme achevée de celle-ci n’était rien d’autre que le complot ?

12 mars Un nouveau western

L’indignation aime les gentils et déteste les méchants. Elle condamne avec une vigueur qu’elle s’indigne de ne pas voir chez ceux qui devraient condamner. Et si c’était là la fin du jugement ?

26 mars De l’impossible, sinon j’étouffe !

L’indignation a obtenu de nombreux résultats, fait tomber de nombreuses têtes – dont on s’est rendu compte qu’elles étaient innocentes. Et si son seul effet réel était la multiplication de l’impossible ?

 

Cycle 7 : Écologie et modernité. Vers un nouveau rapport à la nature, à l'animal, au corps. (Bernard Feltz)

 

Écologie et modernité

vers un nouveau rapport à la nature, à l’animal, au corps

Bernard Feltz

La crise écologique conduit à une interrogation sur notre rapport à la nature, à l’animal et à notre corps. La science et la technologie y induisent un rapport de pure utilisation. Cette crise est parfois interprétée comme une remise en cause du rapport moderne à la nature. En un premier temps, nous tenterons de cerner les diverses dimensions de la crise écologique et du nouveau rapport à la nature qu’elle appelle. En un deuxième temps, il s’agira d’analyser les conséquences de ces modifications du rapport à la nature sur le projet moderne dans son ensemble.

Cycle 7 : le matin de 10h00 à 11h20

15 janvier Galilée et Descartes : l’émergence du rapport moderne à la nature

Dès le 17ème siècle, la science induit un nouveau rapport à la nature, une forme de mécanique généralisée, qui marque profondément la culture contemporaine, également dans les rapports à l’animal et au corps. Nous en analyserons les racines historiques et les conséquences sociétales.

29 janvier L’écologie scientifique : la crise écologique dans ses multiples dimensions

A partir du concept de climax, puis du concept d’écosystème, la science conduit à la prise de conscience de la complexité des rapports humains à la nature. Un changement de paradigme est en cours.

12 février Le refus de l’anthropocentrisme : Deep Ecology et écologie radicale

Divers courants philosophiques et scientifiques prônent une rupture radicale avec la culture moderne qui aille jusqu’à remettre en cause le primat de la subjectivité. Ces courants seront analysés dans leur diversité d’origines et de perspectives.

26 février Au-delà du fonctionnel : les dimensions esthétique et symbolique

Le nouveau rapport à la nature qui s’impose se doit d’aller au-delà du rapport fonctionnel qu’induit l’écologie scientifique. Les dimensions esthétique et symbolique sont essentielles dans ce nouveau rapport à la nature à mettre en œuvre.

19 mars Le projet moderne

Descartes, au-delà du rapport à la nature, instaure un nouveau rapport au vrai. Entre le 17ème et le 19ème siècle, le primat de la subjectivité va s’imposer dans le rapport au vrai, au bien, au politique et est un élément structurant de la culture moderne.

2 avril Écologie et modernité critique

Un concept de modernité critique, une modernité qui inclut la finitude de la raison, permet de penser à la fois un nouveau rapport à la nature qui prenne au sérieux la question écologique et un nouveau rapport à l’universel qui soit ouvert à la diversité culturelle.

 

 

Cycle 8 : Le système, les ultraforces et le soi. (Pascal Chabot)

Le système, les ultraforces et le soi

Pascal Chabot

L’objectif fixé dans ce cycle est d’interroger l’existence contemporaine au sein du technocapitalisme, en distinguant trois instances : le système, les ultraforces et le soi. Ces analyses philosophiques mèneront à proposer une série d’interrogation sur ce qui, aujourd’hui, nous importe.

Cycle 8 : le matin de 11h40 à 13h00

15 janvier Qu’appelle-t-on système?

Plutôt que de relayer les débats trop vagues entre les pro- et les anti-système, il s’agira d’adopter une approche descriptive et matérialiste en réfléchissant sur trois réalités : la vitre, la chaise et l’écran. Être dans le système, c’est souvent être assis derrière un écran, à l’abri d’une fenêtre. Outre l’importance de révéler ces dimensions matérielles de l’existence trop souvent inaperçues, l’analyse conduit à interroger les valeurs portées par ce système. La vitre protège tout en filtrant le rapport au dehors, privilégiant la vue au détriment des autres sens. La chaise matérialise la recherche d’une place et d’un rôle social. L’écran organise la comparaison universelle entre les informations. Mais ces valeurs sont en crise, soumises à des stress systémiques repérables dans le fait que les vitres opèrent comme des clôtures, que les sièges manquent (ce que le chômage, aggravé par la robotisation, confirme) et que les écrans imposent leurs vitesses de défilement aux consciences.

29 janvier Les ultraforces.

Il manque à l’approche systémique une vision dynamique, centrée sur les forces de devenir, de transformation et de métamorphose. La distinction entre le système et la force est cruciale (ce qu’on montre en relisant Kant et Deleuze). Mais les forces en présence ont aujourd’hui elle-même muté. Elles ne sont plus, comme naguère, soit techniques, soit politiques, soit psychiques, soit économiques. Une ultraforce comme Google, par exemple, est tout à la fois technique, psychique, économique, politique. La numérisation, la financiarisation, la poussée démographique, et d’autres ultraforces encore sont analysées comme des forces globales de clivage : dans tous les champs qu’elles traversent se crée une scission entre un plan nouveau (plan de futur) et un monde ancien, disqualifié rapidement et dont l’imposition ressemble à un destin. Les ultraforces posent ainsi la question politique : quel rapport avec elles?

12 février La dialectique de la surenchère

Entre le système et les ultraforces, souvent confondus dans d’autres analyses, existe ce qu’on appellera une « dialectique de la surenchère ». Le système, déjà intrinsèquement fragilisé, est traversé par des ultraforces clivantes, qui le stressent encore davantage, et le rend encore moins capable de se défendre et de réguler ces forces. C’est de cette dialectique de la surenchère et de cette fragilisation que profitent les populismes en actant, par la rhétorique « anti-système », qu’ils oublient complètement d’abord que les systèmes doivent être des lieux de protection, qui donnent un rôle et favorisent la liberté à travers le numérique, et ensuite que les ultraforces, qui sont une part du réel contemporain, ne disparaîtront pas d’un coup de baguette magique…

26 février Le soi

Comment sortir de cette dialectique de la surenchère et des réactions « magiques » qu’elle engendre? Pour y répondre, il s’agira de construire une troisième dimension si souvent oubliée du débat contemporain : le soi. Ordinairement, l’individu n’est plus traité que comme être-dans-le-système ou comme être-clivé-par-les forces, ce qui sont deux déterminations de lui-même, parfois imposantes, mais superficielles tout-de-même au regard de ce que les anciens appelaient son « aséité », c’est-à-dire son être pour lui. Essayer de caractériser le rapport à soi comme centre du mode d’existence contemporain revient à poser plusieurs questions. Qu’est-ce que l’équilibre, pour le soi? Non pas l’équilibre figé, mais l’équilibre mobile et fertile? Qu’est-ce que le non finito, c’est-à-dire la conscience que nous ne vivons pas sur la seule lamelle du présent, mais qu’en nos consciences coexiste tout notre passé (toutes les histoires et les relations qui nous constituent), de même que notre culture est stratifiée de manière vivant par des legs qui demeurent psychoactifs. Qu’est-ce que le désir de changement pour le soi, et surtout : comment le soi est-il d’abord un hors-de-soi, c’est-à-dire un collectif?

19 mars La construction du soi

Il s’agira dans cette conférence d’aborder la manière dont une série d’auteurs ont conçu ce soi, notamment en littérature. Les figures de Baltasar Gracian, de Robert Musil ou encore de Virginia Woolf et de Peter Sloterdijk permettront d’explorer la richesse de ces constructions de qualité. La mise en perspective ainsi opérée conduira aussi à se demander comment le système et les ultraforces modifient le soi contemporain, et ce qu’elles en font. Car d’aséité pure, il n’y en a pas. C’est plutôt de modulation qu’il faut parler entre ces différentes instances, ainsi que de rapport à ce qui nous importe.

2 avril De la raison à la justice

Si le soi peut être le lieu d’une résistance, il faudra chercher à méditer sur les conditions de convergence entre les trois dimensions du contemporain (convergence qui est un idéal de la raison, bien sûr, et pas une réalité, mais qui cherche à penser la coexistence de ces trois pôles dont aucun ne peut être magiquement gommé). Cette convergence s’appuiera-t-elle sur la raison ou sur la justice? Telle est une des questions contemporaines les plus vives. Au-delà de cette méditation, c’est dans les initiatives de transition (écologique, environnementale, organisationnelle dans les entreprises notamment sur la question du pouvoir, mobilitaire, et plus encore intérieure et philosophique), que l’on trouvera le lieu majeure d’une résistance créatrice et constructive. Dans toutes ces transitions, c’est toujours le soi qui est engagé, cherchant dans les systèmes et les ultraforces des relais, pour son objectif majeur : une coexistence pacifique et éduquée entre les humains entre eux, sur leur planète bleue.

 

Programmes des saisons précédentes

Saison 1 (2011 - 2012)

Pascal Chabot :

« Pourquoi la philosophie? »

« L’impalpable énigme du temps »

Michel Dupuis:

« Le souci et la joie »

Olivier Duquenne:

« L’art actuel: le merveilleux et le simulacre »

Guy Haarscher:

« Le retour du religieux: enrichissement ou menace pour nos libertés? »

Justine Lacroix:

« Qu’est-ce qu’une société vraiment libérale? »

François Ost:

« Le récit, à l’origine et à l’horizon des sociétés »

Laurent Van Eynde:

« La conquête de l’image cinématographique ou…une philosophie du western »

Saison 2 (2012 - 2013)

Laurence Bouquiaux:

« Qu’est-ce donc que la science? »

Pascal Chabot:

« Penser les métamorphoses contemporaines »

Michel Dupuis:

« Comment exister? Pensées chinoises et européennes en dialogue »

Guy Haarscher:

« La philosophie peut-elle aider à mieux vivre? »

Mark Hunyadi:

« Penser la morale à partir de quelques mots d’aujourd’hui »

François Ost:

« La bénédiction de Babel »

Frank Pierobon:

« Une brève histoire philosophique du regard »

Alain van der Hofstadt:

« Invention et formes du paysage »

Saison 3 (2013 - 2014)

Marie-Aude Baronian:

« Penser la mode ou l’envers de l’éphémère »

Laurence Bouquiaux:

« Paradoxes et surprises philosophico-scientifiques »

Pascal Chabot:

« Portraits philosophiques »

Michel Dupuis:

« La bioéthique: questions et enjeux philosophiques »

Odile Gilon:

« Ordre et désordre. La dynamique des choses et ses résonances. »

Guy Haarscher:

« Philosophie du progrès: ses désillusions, notre avenir. »

Sébastien Laoureux:

« Le quotidien et l’événement. Continuité et discontinuité dans l’expérience humaine. »

Frank Pierobon:

« La musique au défi de la vie…(et vice-versa) »

Saison 4 (2014 - 2015)

François De Smet

Noeuds contemporains.

Olivier du Roy & Marc Crommelinck

De l’empathie à la morale. Dialogue entre un expert en neurosciences et un philosophe.

Michel Dupuis

Six poètes pour penser

Odile Gilon

Mélancolie ou délices et voyages de l’amertume.

Guy Haarscher

Les droits de l’homme et la démocratie sont-ils compatibles?

Sophie Klimis

La justice mise en scène(s): Par delà l’opposition entre le réel et l’imaginaire.

Nicolas Monseu

L’expérience du silence.

Frank Pierobon

Penser le mal, avec Kant et Arendt

Saison 5 (2015 - 2016)

Sébastien Laoureux

Penser avec Spinoza

Nicolas Monseu & Jean Loubry

Vivre et créer. Le « Prologue » d’Ainsi parlait Zarathoustra

Odile Gilon

L’attention

François De Smet

Le Monstre – Ethique et esthétique

Pascal Chabot

L’intelligence et la peur

Fleur Courtois

« Mouvoir et revoir la pensée » – La mise en scène de la pensée en danse et en cinéma.

Marc Crommelinck

Philosophie et neurosciences en dialogue

Frank Pierobon

Mimèsis, mentir-vrai et faux-semblants.

Saison 6 (2016 - 2017)

Jean-Michel Longneaux

La liberté: une illusion?

Marc de Haan

Le théâtre de la vérité

Jean Leclercq

Déconstruction de la religion et exaltation de la citoyenneté

Olivier Duquenne

Les Métamorphoses et l’art d’aujourd’hui: Ovide dans la création contemporaine

Marie-Geneviève Pinsart

Engager le futur dans nos actions présentes

Lambros Couloubaritsis

Violences et souffrances humaines

Pascal Chabot et Laurent de Sutter

Quelques contemporains pour penser l’époque

Sébastien Laoureux

Penser avec Michel Foucault

Saison 7 (2017 - 2018)

Jean-Michel Longneaux

Approche philosophique du deuil

Clément Bertot

Nietzsche, philosophe législateur

Sacha Carlson

La phénoménologie: une méthodologie pour penser le monde d’aujourd’hui

Olivier Duquenne

L’art contemporain ou la « fureur des émotions »

Jean Leclercq

Vivre, philosopher, guérir

Benoît Peeters

Penser avec Roland Barthes

Marc Crommelinck

Souviens-toi… La mémoire: du mythe à la philosophie et aux sciences, un parcours pluriel

Frank Pierobon

Kant l’incontournable